Sur la violence domestique

Qu’est-ce que la violence domestique?

Par violence domestique, nous entendons la maltraitance d’enfants, des violences conjugales et des violences d’enfants envers les ascendants (parents, grands-parents…).

Nos services s’adressent principalement à l’accueil de femmes victimes de violences conjugales. La violence conjugale peut être vécue dans une relation matrimoniale, de partenariat, extra-matrimoniale ou amoureuse à tous les âges de la vie.

La violence peut se présenter sous différentes formes : elle peut atteindre la personne dans son intégrité physique (bousculades, coups, gifles, utilisation d’objets pour exercer la violence p.ex. couteau, ceinture..). Mais elle peut aussi toucher la personne au niveau psychologique par des dénigrements, insultes, humiliations, scènes de jalousie, tentatives d’isoler la personne de ses proches et/ou de sa famille jusqu’à la séquestration. Parfois, la femme doit subir des relations sexuelles sans consentement et avec agressions et menaces. La violence peut également s’exercer au plan économique par des dominations et privations de moyens et biens essentiels.

Dans la suite nous décrirons la violence conjugale subie par les femmes, sachant que personne n’est à l’abri de la violence et que des hommes aussi peuvent être victimes de violence de la part de leur partenaire.

 

Comment dépister des situations de violence?

La victime peut présenter des indices apparents tels que blessures/hématomes, fractures…. D’autres indices non-apparents peuvent se présenter chez la victime à savoir : 

  • faible estime de soi, isolement social, absentéisme au travail, stress, angoisses
  • plainte chronique de mauvaise santé et visites répétées chez le médecin
  • gêne, tristesse, passivité, évitement du contact visuel
  • états dépressifs et envies ou tentatives de suicide
  • tendance à minimiser l’ampleur de la violence, à excuser l’agresseur, à se culpabiliser
  • consommation excessive de médicaments/drogues/alcool

 

Le cycle de la violence

Les violences au sein d’un couple s’installent de manière progressive à travers des phases dont l’intensité et la fréquence augmentent avec le temps.

Dans une première phase, il y a escalade de la tension, débutant généralement par des agressions psychologiques : dénigrements de ce qu’est la femme, de ce qu’elle dit et fait. La violence verbale s’installe également avec des intimidations, cris, menaces…. L’agresseur peut commencer à exercer un véritable contrôle sur la vie de la femme qui s’éloigne de sa famille et de son entourage.

Dans une deuxième phase, il y a explosion de la violence avec souvent la perte totale du contrôle du partenaire violent qui peut survenir à partir du moindre incident : crises de colère, bousculades, agressions physiques….

Dans une troisième phase s’installe une période de rémission ou accalmie : l’agresseur regrette ce qu’il a fait et veut se faire pardonner, craignant de perdre sa partenaire. En même temps, il minimise et justifie son comportement violent par des facteurs extérieurs et/ou le comportement de la femme. Ainsi, la femme se considère en partie responsable de ce qui vient de se passer.

Dans une quatrième phase, le couple va entamer une période de lune de miel : la femme redécouvre un partenaire calme et aimant, ce qui l’encourage à effacer de sa pensée les scènes horribles qu’elle a vécues.

Pourtant, lors de l’explosion de la violence, un tabou est brisé et le cycle de la violence risque de se répéter, les espaces entre les différentes phases se raccourcissent et finalement il n’en restera que la phase de l’explosion permanente de la violence. Souvent, la femme se perçoit elle-même comme incompétente dans sa vie de couple et ailleurs et en partie responsable de la violence du partenaire. Dévalorisée, elle se sent incapable de s’en sortir ou d’améliorer sa situation.

 

Les conséquences de la violence domestique

Les conséquences de la violence domestique pour les victimes sont graves et se situent à plusieurs niveaux :

Au niveau social: l’agresseur essaie d’isoler la victime de sa famille et de ses amis. La jalousie excessive souvent manifestée par le partenaire peut aboutir à la destruction de toute sorte de relation à l’extérieur de la maison ou à l’abandon d’une activité professionnelle. Après des actes de violences ou de viols, la victime peut se sentir incomprise ou ignorée ou ressentir de la gêne ou de la culpabilité, ce qui entraîne un isolement par rapport à son entourage et aux autres membres de sa famille.

Au niveau psychologique: la victime perd son estime de soi, sa confiance en elle, suite aux humiliations et dénigrements de d’agresseur. Dans la majorité des cas, elle se sent coupable de ce qui lui arrive. Parfois, elle souffre de symptômes dépressifs ou d’un syndrome de stress post-traumatique suite aux maltraitances graves qu’elle a subies.

Au niveau physique: la victime souffre des séquelles de ses blessures. Son état général de santé peut se trouver affaibli. Ainsi, elle peut souffrir d’un état de fatigue générale ou des troubles du sommeil, développer des maladies vu l’affaiblissement de son système immunitaire, présenter des troubles alimentaires… Parfois, la souffrance peut avoir comme conséquences des troubles de dépendances et d’autres troubles psychiques graves. La femme victime de violence est beaucoup plus encline à souffrir d’une maladie mentale et a davantage recours à des soins médicaux.

Au niveau économique: souvent, l’agresseur exerce une pression financière sur la victime, il contrôle et gère les moyens financiers du ménage sous la menace, il empêche la victime de s’investir dans un travail…

 

Partir ou comment se protéger?

Appeler le 113/Prendre contact avec la Police Grand-Ducale

Inutile de rappeler que chaque atteinte à l’intégrité physique et/ou morale est punissable selon la loi. Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez vous adresser aux services de Police pour témoigner de situations de violence dont vous ou une personne de votre entourage est victime et/ou porter plainte contre l’agresseur.  

Au Luxembourg, la loi du 8 septembre 2003 sur la violence domestique est en vigueur depuis novembre 2003. Si une personne est menacée ou maltraitée par une personne proche avec qui elle cohabite, cette dernière est expulsée du domicile par la Police sur base d’indices et avec l’autorisation du Procureur d’Etat. La durée de l’expulsion est de 10 jours avec possibilité de prolongation pour une période maximale de 3 mois. Pendant toute la durée de la mesure d’expulsion, i lest interdit à la personne expulsée d’entrer dans le domicile et ses dépendances sous peine de sanctions pénales. La Police se fait remettre toutes les clés de la personne expulsée donnant accès au domicile et à ses dépendances. Le Service d’assistance aux victimes de violence domestique créé dans le cadre de cette loi contacte les victimes pour les informer de leurs droits et des actions possibles et propose de les assister et de les conseiller dans leurs démarches.

Prendre contact avec un médecin

Nous recommandons aux femmes victimes de consulter un médecin pour se faire soigner et attester les blessures d’une agression.

Différents services pour femmes et enfants victimes

Comme nous l’avons déjà évoqué, la femme victime de violence conjugale se perçoit souvent elle-même comme incompétente et en partie responsable de la violence du partenaire. De ce fait, elle peut se sentir incapable de trouver une issue à cette situation violente et parfois même de réaliser qu’elle en est victime.

D’où l’importance d’orienter ces femmes vers des centres spécialisés pour femmes et enfants victimes de violences qui peuvent les accueillir et leur offrir un travail de dépistage, d’écoute et d’accompagnement.

Une liste des services spécialisés se trouve en bas de page

Le scénario de protection

Si une femme est victime de violence conjugale, nous évaluons avec elle le danger existant. Souvent, nous lui recommandons d’établir par prudence un scénario de protection et lui proposons :

  • de noter les numéros de téléphone importants dans un endroit sûr et facile d’accès
  • de convenir d’un code de communication avec une personne proche qui pourra appeler la Police
  • d’informer les enfants sur la conduite à tenir lors d’actes de violence
  • de mettre dans un endroit sûr des documents ou copies de documents importants (actes notariés, certificats médicaux, bulletins…).
  • de préparer un sac de départ (documents importants, un peu d’argent, linge…) et de le déposer éventuellement chez une personne de confiance.

A qui s’adresser?

Les services d’information et de consultation pour femmes:

Fondation Pro Familia, tél.: 51 72 72 88 ou 51 72 72 41

Femmes en détresse, tél. : 49 08 77

Fondation Maison de la Porte Ouverte, Centre Ozanam, tél.: 48 83 47

Foyer Sud, tél.: 54 57 57

Le centre de consultation et d’aide pour auteurs de violence « Riicht eraus », tél.: 27 55 58 00

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